Lorsqu’il est temps de reprendre la routine après la naissance du bébé, de nombreuses mères ont des doutes sur la manière de maintenir l’allaitement. Même si la femme reprend le travail ou les études, le bébé peut (et doit) continuer à être nourri au lait maternel.

La solution consiste à prendre le lait au sein et à le stocker pour que l’enfant continue à bénéficier des propriétés de l’aliment lorsque la mère n’est pas là.

Le lait maternel est aliment complet

La montée de lait a lieu vers le troisième jour, moment où le colostrum évolue en lait mature, avec une augmentation importante du volume de lait produit. Sorte de lait idéal, le lait maternel est un aliment complet. Il contient en effet tous les nutriments dont un bébé a besoin pour bien grandir : glucides (5 g/l de glucides, dont 63 g de lactose et 12 g d’oligosaccharides), acides gras très digestes (35 g/l en moyenne), protéines de hautes qualités (entre 8 et 12 g/l), vitamines, sels minéraux et autres oligoéléments : le tout en justes quantités, pour s’adapter au mieux aux besoins du bébé. Sa composition évolue d’ailleurs constamment. Elle varie ainsi au cours de la tétée, en s’enrichissant en graisses au fur et à mesure que le sein se vide, ou encore lorsque les tétées se rapprochent.

Elle change aussi en cours de journée et au fil des mois, pour répondre toujours au mieux à ce dont le bébé a besoin. Des variations de l’alimentation maternelle peuvent aussi influer sur la composition du lait en acides gras, sa teneur en iode, en sélénium, en vitamine A et en vitamines du groupe B.

Quelle est la valeur énergétique du lait maternel ?

Le lait maternel est aussi une source importante de nutriments, mais également d’énergie. Ainsi, il peut fournir la totalité des besoins énergétiques des bébés de moins 6 mois, la moitié ou plus des besoins énergétiques de l’enfant de 6 à 12 mois, et le tiers de ces besoins chez les enfants de 1 à 2 ans.

Allaitement : quelles sont les recommandations officielles ?

Si vous avez décidé d’allaiter votre bébé, sachez que l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) recommande l’allaitement précoce, c’est à dire dans l’heure qui suit la naissance. Il recommande également un allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie, puis en complément à la diversification alimentaire, jusqu’à l’âge de 2 ans et au-delà. L’allaitement au sein exclusif signifie que l’on ne donne à l’enfant que du lait maternel et aucune autre boisson ou aliment, pas même de l’eau, sauf recommandations médicales contraires.

Alimentation, stress : le lait maternel varie tout le temps

Pour commencer, il faut rappeler que contrairement aux laits infantiles (qui sont standardisés, et donc -sauf accident dans la chaine de production- ont le même aspect et le même goût selon la marque et le produit), le lait maternel peut varier d’un jour à l’autre en fonction des changements dans l’alimentation, du stress ou des habitudes de la maman. Ces variations de couleurs sont juste moins connues que des changements d’odeurs par exemple, car les mamans ne s’en aperçoivent seulement que lorsqu’elles doivent tirer leur lait.

D’après les spécialistes donc, ces changements de couleur sont majoritairement dus à l’alimentation de la maman. La présence de certains colorants alimentaires ou de certains médicaments dans le régime de la mère peut ainsi influer sur la couleur du lait. Voilà pourquoi elles  peuvent découvrir un lait jaunâtre ou tirant sur le vert, à cause de certains aliments ou certaines vitamines. Et si c’est sans doute perturbant à voir, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir pour l’allaitement.

Le lait maternel peut changer au cours d’une même tétée

Par ailleurs, il est également possible que le lait change de couleur au cours d’une même tétée ! En général, il est souvent très dilué en début de session, donc presque transparent, puis légèrement bleuté au fur et à mesure qu’il s’épaissit, jusqu’à devenir blanc, voire jaune. Dans le même temps, la teneur en lipides augmente progressivement : du simple au quadruple par rapport au début de la tétée.

Il faut enfin rappeler que, sauf intolérance particulière du bébé (comme aux protéines de lait de vache par exemple), les mères qui allaitent n’ont aucune raison d’éviter certains aliments. C’est prouvé : tous les aliments donnent un goût, plus ou moins prononcé, au lait maternel et que ça n’empêche pas les petits de l’apprécier. L’idéal étant bien sûr de suivre une alimentation variée, équilibrée, pas trop trafiquée et sans abus : c’est ce qu’il y a encore de mieux pour elles et leur bébé !

Comment prendre le lait maternel ?

Le moyen le plus simple et le plus pratique est de prendre le lait du sein avec les mains, en faisant des mouvements comme pour la traite.

Une façon de procéder consiste à placer votre pouce un peu au-dessus de l’aréole et les autres doigts en dessous, en formant un “C”. Si votre pouce et votre index sont trop proches du mamelon, vous ressentirez une douleur et ne pourrez pas tirer de lait.

Massez le sein dans son ensemble et appuyez rythmiquement sur la partie inférieure par des mouvements circulaires, de la base vers l’aréole. Le processus de retrait manuel du lait maternel peut prendre environ 30 minutes pour chaque sein.

Comme toutes les mères ne peuvent pas pratiquer la traite manuelle, la solution consiste à utiliser une pompe aspirante. Certaines femmes préfèrent la pompe manuelle, d’autres la pompe électrique. Si vous choisissez le tire-lait pour extraire le lait du sein, il est essentiel de veiller à l’hygiène et à la stérilisation.

Quel que soit le processus d’expression du lait, choisissez un endroit calme. Il est normal que les femmes éprouvent des difficultés à tirer leur lait les premières fois, alors prenez votre temps. De préférence, faites-le lorsque le bébé dort, pour ne pas avoir à interrompre la tâche et pour que le lait coule mieux.

Veillez à bien vous laver les mains et les seins. Pour ce faire, utilisez un savon doux et séchez légèrement les seins avec une serviette douce.

Pour stocker

Une fois recueilli, le lait maternel peut être conservé dans n’importe quel bocal en verre stérilisé. Identifiez les pots avec une étiquette indiquant le jour où ils ont été collectés. S’il est utilisé dans les 24 heures, le lait ne peut être conservé qu’au réfrigérateur. Après cette période, il doit être congelé et se conserve jusqu’à 15 jours au congélateur.

Lorsque vous préparez du lait pour le bébé, ne le faites jamais bouillir et n’utilisez pas le micro-ondes. Si elle n’est pas congelée, elle doit être chauffée au bain-marie. Le lait congelé, quant à lui, doit être sorti du congélateur un jour avant son utilisation et le processus de chauffage est le même.

Si vous sortez le lait lorsque vous êtes au travail ou dans toute autre situation en dehors de la maison, il doit être transporté dans un sac thermos. Tout lait qui n’est pas utilisé après avoir été chauffé doit être jeté.

Les informations contenues dans cette page ne sont données qu’à titre indicatif. Ils ne remplacent pas les conseils et le suivi des médecins, nutritionnistes, psychologues, professionnels de l’éducation physique et autres spécialistes.

Conserver son lait maternel : la décongélation

Si la décongélation du lait peut se faire durant deux à trois jours dans le frigo, une fois sorti du congélateur, il n’est pas possible de le recongeler sous peine de voir se proliférer les bactéries. D’autre part, une spécialiste en lactation déconseille l’utilisation du micro-onde, notamment parce que l’on en contrôle assez mal la température et qu’il pourrait altérer la qualité du lait. En revanche, il est tout à fait possible de le faire réchauffer doucement dans un bol d’eau chaude ou d’alterner filet d’eau froide et filet d’eau chaude dessus. Enfin, avant de le donner à bébé, vous pouvez l’agiter pour que toutes ses qualités nutritives se mélangent !

Conserver son lait maternel : les astuces

  • – Il est impératif de laver correctement les récipients et biberons qui accueilleront le lait maternel afin d’éviter l’apparition de bactéries.
  • – Quand vous choisissez de congeler le lait maternel, n’hésitez pas à le mettre bien au fond du congélateur afin qu’il ne subisse pas les aléas de la température si la porte est souvent ouverte.
  • – Faites attention à ne pas mélanger votre lait tout juste tiré avec celui réfrigéré. Le mélange du chaud et du froid peut développer les bactéries.
  • Si vous utilisez un sac en plastique, faites en sorte d’expulser l’air à l’intérieur en roulant doucement du haut du sac vers le bas avant de le remplir de lait. Pour limiter le gaspillage, préférez des petits formats de récipients type bac à glaçons.

Laits infantiles : comment les choisir pour bébé ?

Laits infantiles : quelles garanties pour bébé ?

Depuis 1991, tous les laits pour bébés commercialisés en France suivent la réglementation européenne. Précédemment, la composition des laits faisait déjà l’objet d’un arrêté français depuis une trentaine d’années. L’objectif est que ces laits répondent au mieux aux besoins nutritionnels de l’enfant, afin de lui assurer maturation et croissance harmonieuses. Suivant des limites définies, la législation fixe les teneurs des différents constituants des laits (protéines, sucre comme le lactose, minéraux, vitamines). La réglementation est la même pour tous les laits infantiles, qu’ils soient vendus en pharmacie ou en supermarché. Le prix le plus élevé d’un lait ne signifie pas qu’il est meilleur pour le bébé.

Laits infantiles : des formules différentes selon l’âge de bébé

– Les laits pour nourrisson, anciennement lait 1er âge, ces formules sont destinées aux nourrissons de la naissance à l’âge de 4 à 6 mois. À elles seules, elles assurent la croissance de l’enfant jusqu’à la diversification alimentaire, qui débute entre 4 et 6 mois. Pendant cette période, l’enfant ne se nourrit que de lait (maternel ou infantile). La majorité des préparations pour nourrissons est à base de lait de vache, modifié pour être adapté aux besoins du nourrisson ; d’autres sont à base de protéines de soja, également modifiées.

– Les préparations de suite, anciennement laits 2ème âge, prennent le relais des laits pour nourrissons au moment de la diversification, entre 4 et 6 mois. Ils sont recommandés jusqu’à 1 an. À raison de 500 à 700 ml de lait par jour, ils représentent encore l’essentiel des apports alimentaires de l’enfant. Elaborés à partir du lait de vache, ils ont entre autres caractéristiques nutritionnelles leur richesse en fer. En effet, vers 4 mois, le bébé a épuisé les réserves de fer qu’il a constitué alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère ; c’est donc le lait de suite qui va lui apporter ce fer, en attendant qu’il consomme de la viande. Les préparations de suite sont riches en acides gras essentiels et contiennent moins de protéines que le lait de vache.

Les autres laits infantiles : bébé en a-t-il besoin ?

Depuis quelques années, on assiste à une multiplication des laits “spécifiques”. L’efficacité d’un certain nombre d’entre eux reste à prouver. Il est préférable de suivre les conseils du médecin ou du pédiatre dans le choix des préparations pour nourrissons et d’éviter de les utiliser en “auto-prescription”.

Une formule infantile spécifique peut-être indiquée de façon transitoire en cas de diarrhée ou de troubles digestifs mineurs. Chez un nouveau-né à risque d’allergie alimentaire ou qui a une allergie diagnostiquée par un médecin allergologue, des préparations spécifiques sont indispensables. Il en est de même pour les enfants de faible poids de naissance et pour les prématurés, dont les besoins nutritionnels sont différents des bébés nés à terme.

Les préparations à base de protéines de soja n’ont pas d’indication particulière et il n’est pas recommandé de les utiliser en cas d’allergie aux protéines de lait, du fait des allergies croisées. Il est par ailleurs important de mettre en garde les parents qui donnent à leur bébé des boissons végétales (à la châtaigne, aux amandes, au soja). Elles ne sont pas conformes à la réglementation et ne peuvent pas assurer les besoins liés à la croissance et au développement, très rapides à cette période de vie.

Que proposer à bébé après un an ?

Tous les médecins et diététiciens recommandent les laits infantiles jusqu’à 1an. À cet âge, l’enfant a en principe une alimentation déjà bien diversifiée et il mange quasiment de tout. Le lait reste un aliment à privilégier, à raison de 500ml par jour.

Il est recommandé de donner à l’enfant soit du lait de vache entier (ses besoins en graisse sont encore très élevés) jusqu’à 2 ou 3 ans, soit du lait pour enfant en bas âge, communément appelé lait de croissance.

Ce dernier, riche en fer, est particulièrement indiqué si l’enfant mange peu diversifié ou déséquilibré. Et si l’enfant n’apprécie pas trop le lait, il peut être utilisé dans des préparations ou être remplacé par des laitages (nature ou peu sucrés) et du fromage (râpé ou en lamelles). En cas de doute, le médecin peut toujours guider dans le choix du lait.

L’essentiel est de nourrir l’enfant avec du lait infantile jusqu’à 12 mois, en suivant bien les indications de reconstitution indiquées sur les emballages pour éviter tout sur- ou sous-dosage.