La jalousie est un sentiment humain naturel. Tout le monde peut ressentir de la jalousie à un moment donné de sa vie. Lorsque ce sentiment a le sens de l’attention et du zèle pour une personne ou un objet, il est bénéfique, le problème survient lorsque ce sentiment est exacerbé, devient incontrôlable et commence à faire souffrir ceux qui le ressentent et ceux qui en sont la cible.

La jalousie se caractérise par une agitation mentale, la personne qui la ressent a tendance à s’imaginer qu’elle a perdu de l’importance pour l’être aimé, commence à soupçonner et à se méfier de son partenaire, imaginant et percevant les autres comme des menaces pour sa relation. Cette imagination ou perception n’est pas toujours basée sur la réalité elle-même. Souvent, ce qui alimente ces pensées est l’insécurité, la peur de l’abandon, le besoin de contrôle ou le sentiment de possession de la personne.

Qu’est-ce que la jalousie ?

La jalousie se définit comme une émotion négative résultant d’une menace de la perte ou de la perte réelle d’un partenaire, lié à la présence d’un rival. Le rival et la menace de la perte peuvent être réels ou imaginaires. On distingue la jalousie de l’envie qui est le désir d’obtenir quelque chose qu’on n’a pas et que quelqu’un d’autre possède. La jalousie réfère au contraire à quelque chose que l’on a et qu’on a peur de perdre.

Les théories de la jalousie

Dans le couple, on fait état de jalousie sexuelle et de jalousie émotionnelle. La jalousie sexuelle se manifeste lorsque le partenaire a (ou pourrait avoir) une relation d’une durée plus ou moins longue basée sur le sexe (mais sans sentiments profonds) avec une autre personne que son partenaire de vie. La jalousie émotionnelle se manifeste lorsque le partenaire entretient (ou entretiendrait) une relation amoureuse (mais sans relation sexuelle) avec une autre personne que son partenaire de vie.

Selon le chercheur White, la perte d’un partenaire pour un rival (ou son anticipation) provoque 2 types de souffrances : la perte des bénéfices relationnels et la perte de l’estime de soi. Il distingue également la jalousie normale (être jaloux dans la relation présente) et la jalousie pathologique (avoir tendance à être jaloux à travers toutes les relations ou dans toutes les situations). Celle-ci implique une menace imaginaire, des suspicions paranoïdes, un niveau de frustration élevé et parfois des comportements de détective.

Les auteurs Pfeifer et Wong conceptualisent la jalousie en 3 dimensions: cognitive, émotionnelle et comportementale. Pour eux, la jalousie cognitive comporte les inquiétudes paranoïdes et les doutes d’une personne à propos de l’infidélité de son partenaire. La jalousie émotionnelle comporte les réactions affectives suscitées par la menace réelle ou imaginaire de la relation. Enfin, la jalousie comportementale combine les 2 dimensions précédentes. Les comportements de détective, de surveillance, d’inspection des affaires personnelles en font partie.

Les stratégies de défense des jaloux

Les auteurs Whiote et Mullen ont répertorié 9 stratégies principales utilisées par les individus jaloux :

  • tenter d’améliorer la relation actuelle;
  • intervenir dans la relation avec le rival;
  • inciter le partenaire à s’engager dans la relation;
  • incommoder le partenaire ou le rival;
  • considérer d’autres alternatives,
  • nier ou éviter la menace perçue;
  • faire une réévaluation de soi;
  • exprimer ses émotions à un proche;
  • considérer la situation comme un défi à relever pour soi ou la relation.

Les origines possibles de la jalousie

Théorie évolutionniste de la jalousie

Les auteurs évolutionnistes pensent que la jalousie est due au développement de mécanismes psychologiques liés au sexe et correspondant à des stratégies de reproduction. Selon ces derniers, l’infidélité dans le couple est une stratégie reproductive individuelle que l’autre partenaire doit essayer de contrer en s’appuyant sur les mécanismes de la jalousie.

Ainsi, l’homme doit porter une attention toute particulière aux habitudes sexuelles de la femme car il ne serait pas avantageux pour lui d’investir de l’énergie, du temps et des ressources pour la survie d’enfants qui ne sont pas les siens. Pour cette raison, il a tendance à développer une jalousie sexuelle.

Au contraire, la femme doit s’assurer que l’attention de l’homme ne soit pas dirigée vers d’autres femmes et, par extension, à leurs enfants. Si c’était le cas, certaines ressources dont elle a besoin pour sa survie et celle de ses enfants seraient déportées vers ces autres femmes. Pour Schützwohl et Koch, c’est ce qui explique pourquoi la femme a plutôt tendance à développer une jalousie émotionnelle.

Les sondages supportent la plupart du temps cette hypothèse : les hommes déclarent éprouver une plus grande détresse lors de l’infidélité sexuelle de leur partenaire de vie alors que les femmes sont plus affectées par l’infidélité émotionnelle de leur conjoint.

Théorie non évolutionniste de la jalousie

Les auteurs non évolutionnistes pensent que les mécanismes de la jalousie sont les mêmes pour les deux sexes, mais que le contexte environnemental (culturel et social notamment) provoque des différences. Selon eux, les différences constatées entre l’homme et la femme n’ont pas de base génétique. L’Homme étant un animal tissant de complexes liens sociaux, la jalousie serait un mécanisme généralisé. La différence observée serait donc due aux construits culturels des genres et varie d’ailleurs selon les cultures. Ainsi, on a constaté que les Semai de la Malaisie centrale partagent leurs femmes avec les autres membres de leur groupe d’âge, rendant la certitude de la paternité impossible alors qu’en Sicile, le contrôle exclusif de la sexualité des femmes est une preuve de masculinité.

Les symptômes de la jalousie

Plusieurs études ont permis de mettre en évidence des symptômes caractéristiques de la jalousie :

  • Des émotions comme la souffrance, la colère, la rage, l’envie, la tristesse, la peur et l’humiliation.
  • Des pensées de souci de son image, de comparaison avec le prétendu rival, d’autocritique, de ressentiment ou d’apitoiement.
  • Des symptômes physiques comme les mains moites et tremblantes, une respiration difficile, des crampes d’estomac, une baisse de l’appétit, une accélération du rythme cardiaque, de l’insomnie, l’impression de pouvoir s’évanouir à tout moment, des rougissements et des bouffées de chaleur.
  • Des attitudes comme crier, pleurer, fuir, devenir violent, s’évertuer à ignorer le problème sont des comportements possibles définis par Guerrero en réaction à la situation.

Selon une étude de Mathes et Severa, les femmes sont davantage exposées à des symptômes de détresse et de tristesse, tandis que les hommes sont davantage susceptibles de ressentir de la colère. On y apprend également que les hommes se montrent plus jaloux en moyenne que les femmes.

 Le test de jalousie

Pour chacune des affirmations suivantes, demandez-vous si vous ressentez de la jalousie et confrontez votre ressenti aux statistiques pour vous situer.

Votre partenaire sort un vendredi soir avec des copains (4 à 5 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire prend sa pause quotidienne seul avec une nouvelle collègue de travail (environ 40 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire soupe seul au restaurant avec une ancienne amie (environ 40 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure)

Votre partenaire soupe seul chez une ancienne amie (environ 45 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire prend un café après le travail seul avec une nouvelle collègue (environ 60 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire soupe seul chez une nouvelle amie (environ 80 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire soupe seul au restaurant avec une nouvelle amie (environ 85 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire reste dormir chez son ancienne amie car il ne peut revenir en voiture ce soir-là parce qu’il dit avoir pris trop d’alcool (environ 85 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure).

Votre partenaire reste dormir chez sa nouvelle amie car il ne peut revenir en auto ce soir-là parce qu’il dit avoir pris trop d’alcool (environ 95 % des femmes sont jalouses dans ce cas de figure). 

Comment contrôler la jalousie ?

Travaillez votre confiance en vous, les personnes qui ont confiance en elles comprennent leur propre valeur et savent que les autres la perçoivent aussi. Les personnes qui n’ont pas confiance en elles ont plus de mal à faire confiance aux autres et à croire que les autres les apprécient. Ainsi, dans une relation, ils sont amenés à penser que leur partenaire pourrait préférer être avec “quelqu’un d’autre” ou quelqu’un de plus “intéressant”. Par conséquent, essayez d’identifier la cause de votre insécurité et tentez de la résoudre.

N’oubliez pas d’examiner les faits, la jalousie nous fait voir les choses de manière déformée. Lorsque vous êtes sous son effet, il est normal de percevoir les choses avec une certaine exagération et de prendre les attitudes de votre partenaire par le côté négatif. Par exemple : dans un magasin, votre petit(e) ami(e) est poli(e) avec le vendeur, en disant “bonsoir et souriant”. Pour une personne jalouse, cela est perçu comme un flirt, ou comme si l’être aimé était intéressé par l’autre. C’est une distorsion causée par la jalousie. Ainsi, avant d’entrer dans une crise, essayez de prêter attention aux faits, demandez l’avis d’une personne de confiance, vérifiez s’il existe des preuves réelles de méfiance ou s’il ne s’agit pas de votre imagination.

Évitez le sentiment de possession, nous sommes habitués à posséder plusieurs choses : maison, voiture, vêtements, ordinateurs, et certaines personnes pensent qu’elles possèdent également l’être cher. Mais dans les relations, les choses fonctionnent différemment, car les gens ont besoin d’être conquis et doivent vouloir rester dans la relation. Alors, au lieu de croire que la personne vous appartient, pensez à la conquérir chaque jour, ayez des attitudes qui apportent à la relation complicité, union, affection, tolérance, amour, en d’autres termes, donnez à l’autre l’envie d’être avec vous.

Découvrez la raison de votre jalousie, réfléchir à votre jalousie peut vous donner de bons indices sur la façon dont elle se manifeste et sur la manière de la gérer. Posez-vous quelques questions : à quels moments vous sentez-vous le plus jaloux ? Quelles sont les attitudes de votre partenaire qui vous dérangent le plus ? Y a-t-il un type spécifique de personne pour lequel se rapprocher de votre partenaire vous rend plus anxieux ? Ce ne sont que quelques exemples de questions, vous pouvez en poser beaucoup d’autres !

Et si on ne peut pas s’en sortir tout seul ?

Il n’est pas toujours facile de contrôler la jalousie. Si vous n’êtes pas en mesure d’y faire face seul, demandez de l’aide. De nombreux professionnels peuvent vous aider, notamment les psychologues, qui peuvent vous aider à mieux vous connaître, à comprendre vos sentiments et à modifier les comportements et les pensées qui vous font souffrir.

Gérer la jalousie des autres

Sachez faire la différence entre l’amour et la jalousie. La jalousie n’est pas de l’amour et vous n’êtes pas amoureux lorsque vous êtes jaloux. Certaines personnes ne font pas la différence entre l’amour et la jalousie alors que cette dernière n’est qu’une preuve d’insécurité et de manque de contrôle. Les personnes jalouses ont tendance à se sentir peu sures d’elles et honteuses.

Posez des limites avec votre partenaire ou votre ami jaloux. Si votre partenaire est jaloux, mettez en place des limites. Ne répondez pas à ses questions si elles vous mettent mal à l’aise. N’annulez pas vos plans avec vos amis et ne perdez pas contact avec une personne qui est importante pour vous.

N’acceptez pas les abus

Ne prenez pas la responsabilité de choses que vous n’avez pas faites. Il pourrait être plus facile de vous excuser et de vous accuser vous-même au lieu d’accuser l’autre. Cependant, vous savez ce qu’il en est vraiment. Ne laissez personne vous convaincre que vous flirtiez alors que vous ne flirtiez pas ou que vous avez provoqué sa jalousie ou d’autres mauvais comportements.

Écoutez calmement votre partenaire s’il utilise des phrases avec « je », mais ne vous soumettez pas à ses accusations.

Si votre partenaire vous retient physiquement, s’il vous blesse ou casse des objets de la maison, partez.

Faites-vous aider. Si vous vous sentez menacé d’une façon ou d’une autre par votre partenaire ou par une autre personne jalouse, prenez vos distances si cela est possible. La jalousie est la cause principale de meurtre de conjoints et c’est aussi généralement une composante des violences conjugales.

Sortez de la maison si votre partenaire vous agresse physiquement ou appelez-le.