Après la ménopause, c’est-à-dire après la fin des règles chez la femme, le risque de maladies telles que l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type adulte ou le cancer du sein augmente. Dans ce qui suit, on présente les corrélations de manière plus détaillée.

À quoi sont dus ces changements?

La ménopause est déclenchée par l’épuisement de la réserve de follicules ovariens. Ces derniers sont des petits sacs contenant chacun un ovocyte (ovule immature) et sont stockés dans les ovaires situés de chaque côté de l’utérus. À la naissance, une petite fille possède environ 1 million d’ovocytes. Ce stock diminue progressivement tout au long de la vie: la majeure partie des ovocytes est détruite sous l’effet de l’apoptose (mort cellulaire programmée), l’autre (400 à 500 ovules) est libérée chaque mois tout au long de la période reproductive.

La ménopause s’installe lorsque le nombre de follicules ovariens est inférieur à 1000. À ce moment-là, les ovaires vont complètement arrêter de fabriquer des œstrogènes. Ces hormones sont responsables, entre autres, de la maturation des ovocytes et de l’épaississement de la muqueuse utérine (l’endomètre) en vue d’une potentielle grossesse. Lorsque leur taux chute, l’endomètre cesse de s’épaissir chaque mois : c’est l’arrêt des règles. Après douze mois sans saignements, la ménopause est confirmée.

Ce phénomène ne survient pas brutalement: il passe par une période de transition, la périménopause, qui s’étend généralement sur plusieurs années (un à huit ans). Pendant cette période, les ovaires connaissent leurs premiers dérèglements mais ils produisent encore des œstrogènes. L’ovulation et les règles peuvent devenir très irrégulières, le syndrome prémenstruel peut s’accentuer ou apparaître (prise de poids, gonflement abdominal, seins douloureux, irritabilité), parfois accompagné de bouffées de chaleur et de suées nocturnes. La périménopause se termine avec l’arrêt définitif des règles.

L’ostéoporose après la ménopause

Il existe de nettes différences entre les sexes dans l’incidence des fractures typiques de l’ostéoporose : les femmes ont un risque de fracture deux à trois fois plus élevé que les hommes. Les taux de fracture augmentent de façon exponentielle à un âge plus avancé.

Les œstrogènes favorisent la constitution de la substance osseuse en stimulant le métabolisme osseux. S’il y a moins d’œstrogènes après la ménopause, l’effet global est réduit du facteur correspondant.

Maladies cardiovasculaires après la ménopause

Le risque de maladie cardiovasculaire augmente également avec l’âge, lorsque moins d’œstrogènes naturels circulent dans le sang. Les œstrogènes protègent les vaisseaux car ils augmentent la proportion de “bon” cholestérol HDL (lipoprotéine de haute densité), qui prévient l’artériosclérose et les infarctus.

186 000 femmes et 153 000 hommes meurent chaque année de maladies du système cardiovasculaire. Chez les femmes, elles constituent numériquement la principale cause de maladie grave et une deuxième cause de décès. Les femmes post-ménopausées sont plus fréquemment touchées que les femmes pré-ménopausées.

L’effet protecteur vasculaire ne peut être prouvé qu’avec des œstrogènes endogènes. La prise d’œstrogènes de synthèse ne prévient pas les maladies cardiovasculaires. D’autre part, même l’étude WHI (Initiative pour la santé des femmes), une étude à grande échelle sur l’hormonothérapie, qui avait en fait été menée pour fournir des preuves positives de cette forme de thérapie, a été abandonnée. L’œstrogénothérapie augmente le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.

Poids corporel et diabète de type 1

La modification du métabolisme des graisses a également une incidence sur le poids corporel, car les besoins caloriques diminuent pendant la ménopause. Si les personnes concernées ne modifient pas leurs habitudes alimentaires ou n’augmentent pas leur consommation d’énergie en faisant plus d’exercice, elles prennent du poids.

Alors que, par exemple, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 22,8 % des femmes âgées de 40 à 49 ans sont en surpoids (indice de masse corporelle, IMC).

Le risque de cancer du sein augmente avec l’âge

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes et la cause la plus fréquente de décès par cancer. Statistiquement, une femme sur huit à dix est touchée au cours de sa vie, et l’âge moyen du premier diagnostic est de 63 ans. Chaque année, environ 70 000 femmes développent un cancer du sein, dont près d’un tiers ont moins de 55 ans. Les erreurs de division cellulaire deviennent plus probables avec l’âge.

De même, l’hormonothérapie entraîne un risque accru de cancer du sein. Une étude qui a interrogé un million de femmes britanniques âgées de 50 à 64 ans sur leur utilisation d’hormones sexuelles, a clairement démontré que l’hormonothérapie augmente le risque de cancer du sein proportionnellement à la durée d’utilisation.

Quels sont les impacts de ces modifications hormonales?

Les conséquences de l’arrêt de la production d’œstrogènes sont nombreuses. Les plus connues sont les bouffées de chaleur: elles concernent environ 80 % des femmes ménopausées. Il s’agit d’une sensation soudaine de chaleur qui débute généralement au niveau du buste et du visage et qui se généralise rapidement, amenant avec elle transpiration, palpitations, frissons et anxiété. Elles durent quelques minutes et peuvent survenir plusieurs fois par jour. Cela s’explique par le fait que les œstrogènes jouent un rôle dans le mécanisme par lequel l’organisme maintient sa température constante. Leur absence perturbe donc ce processus. Dans la majorité des cas, les bouffées de chaleur persisteront pendant plus d’un an, mais elles peuvent durer jusqu’à 5 ou 10 ans.

On peut également citer les sueurs nocturnes, les insomnies, les douleurs articulaires et les troubles génito-urinaires (incontinence, infections urinaires, troubles sexuels). Ces derniers touchent environ deux tiers des femmes, à des degrés divers. Leur fréquence s’explique par le fait que le vagin, l’utérus et la vessie sont très sensibles aux œstrogènes. En leur absence, ces trois organes perdent leur souplesse et leur tonicité. La vulve et le vagin s’atrophient, les muqueuses s’assèchent et la flore vaginale s’altère, provoquant une plus grande vulnérabilité aux infections. Ces symptômes peuvent être transitoires ou plus durables.

L’aspect corporel et l’humeur touchés

La ménopause a également des effets sur la forme du corps. Les mamelons diminuent de taille et perdent leur pouvoir érectile, les seins se transforment et deviennent essentiellement constitués de graisse. C’est également une période où une prise de poids survient, pour plusieurs dont l’une est liée à la carence en œstrogènes: leur absence entraîne une augmentation du nombre et de la taille des cellules graisseuses au niveau de l’abdomen.

La peau se modifie aussi. C’est en effet l’organe qui, après l’utérus, est le plus sensible aux œstrogènes, en particulier au niveau du visage. Le déficit en œstrogènes va accentuer le vieillissement cutané par assèchement et amincissement de la peau, perte d’élasticité et accentuation des rides. La pilosité et la chevelure ne sont pas non plus épargnées. Les cheveux deviennent cassants, leur densité diminue, parfois jusqu’à l’alopécie. De même la pilosité pubienne et celle au niveau des aisselles se raréfient. En revanche, une pilosité au niveau de la lèvre supérieure et sur les joues peut faire son apparition.

L’humeur peut aussi être affectée par l’arrivée de la ménopause. Les hormones sexuelles ont en effet la capacité d’agir sur des régions cérébrales impliquées dans le contrôle des émotions et du comportement. Troubles de l’émotivité, anxiété, irritabilité, fatigue ou encore dépression concernent 40 % des femmes ménopausées. Par ailleurs, les œstrogènes ont un effet neuroprotecteur. Leur absence a donc un impact sur les performances cognitives et favorise le déclin cognitif.

Quant à la sexualité, la ménopause ne l’empêche pas mais elle peut la perturber. Chez certaines femmes, elle peut par exemple induire ou accentuer des troubles et provoquer une baisse de libido. La carence œstrogénique peut notamment diminuer la sensibilité du clitoris ou au contraire l’augmenter à outrance. La sécheresse vaginale et la dyspareunie qui en découle peuvent rendre difficiles les rapports. Enfin, les troubles urinaires comme l’incontinence peuvent motiver l’évitement des relations.

Et les conséquences à long terme?

Les œstrogènes n’ont pas qu’un rôle dans la reproduction. Ils interviennent aussi dans la minéralisation osseuse, le métabolisme ou encore la santé cardiovasculaire. Pour cette raison, leur déficit peut être associé à des maladies potentiellement graves. L’ostéoporose, par exemple, est une complication redoutable de la ménopause. Elle est deux à trois plus fréquente chez les femmes ménopausées que chez les hommes, à âge égal. Ce phénomène physiologique lié au vieillissement est accéléré par l’arrêt du fonctionnement ovarien. Il se manifeste par des tassements vertébraux et la survenue de fractures spontanées, notamment au niveau du poignet. L’œstradiol, une hormone appartenant à la famille des œstrogènes, a au contraire un effet protecteur: il favorise l’absorption de calcium au niveau des intestins et agit directement au niveau des os.

L’arrêt de la production d’œstrogènes est également un facteur de risque de maladies cardiovasculaires. Ces hormones jouent en effet un rôle au niveau du métabolisme des lipides et de l’insuline, et elles agissent au niveau des parois vasculaires. Faute d’œstrogènes, les artères deviennent plus rigides, ce qui favorise l’athérosclérose, le cholestérol et les graisses augmentent.

Le traitement hormonal substititif de la ménopause dans certaines situations

Un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) peut être proposé par le médecin traitant ou le gynécologue. Il associe un estrogène et un progestatif (le progestatif est inutile si la patiente a subi une hystérectomie).

L’estrogène intervient sur les troubles dits « climatériques » (symptômes qui accompagnent les modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne) et prévient l’ostéoporose. L’œstradiol, estrogène naturel, administré par voie percutanée ou transdermique est utilisé. En effet, les estrogènes administrés par voie orale multiplient par quatre le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire, alors que la voie percutanée réduit ou annule ce risque thrombo-embolique.

Le progestatif (progestérone naturelle ou dérivé proche) diminue le risque de cancer du corps de l’utérus.

Les séquences d’administration peuvent varier de façon à ce que les règles apparaissent ou non (choix à discuter avec le médecin). Le traitement peut être prescrit de façon discontinue (25 jours par mois).

Le THM peut être proposé s’il n’y a pas de contre-indications (antécédent de cancer du sein ou d’accident vasculaire cérébral, même transitoire) :

  • aux femmes dont la ménopause entraîne des troubles climatériques qui altèrent la qualité de vie familiale, sociale, professionnelle ;
  • aux femmes confrontées au problème de la ménopause précoce (avant 40 ans), si la cause le permet et ce, jusqu’à l’âge de la ménopause naturelle (50 ans environ) ;
  • pour prévenir la perte de densité osseuse qui conduit à l’ostéoporose et aux fractures associées.

Avant la prescription, un examen clinique et une mammographie sont demandés. Le THM est administré, le plus tôt possible après la confirmation de la ménopause, à la dose minimale efficace et tant que durent les symptômes (deux à trois ans suffisent le plus souvent).

Toutes les femmes traitées par THM doivent bénéficier d’une ré-évaluation régulière de leur état de santé et de leur traitement par le médecin prescripteur, au moins une fois par an (bilan sanguin, examen clinique)

En effet, ce dernier augmente les risques de :

  • cancer du sein (le THM favoriserait le développement d’un cancer du sein microscopique) ;
  • cancer de l’endomètre, si l’estrogène est donné sans progestatif ;
  • cancer de l’ovaire, en cas de traitement de plus de cinq ans ;
  • accident vasculaire cérébral (AVC) surtout en cas de traitement par estrogènes par voie orale ;
  • thrombose veineuse (formation d’un caillot dans une veine, à l’origine d’une phlébite ou d’une embolie pulmonaire). Ce risque est réduit (voire annulé) lorsque les estrogènes sont administrés par voie transcutanée.

Par ailleurs, le traitement hormonal substitutif stimule la croissance d’un éventuel fibrome de l’utérus, la persistance d’une endométriose et la multiplication des calculs biliaires.

Le THM est efficace sur les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale et la prévention de la perte osseuse et donc, des fractures consécutives à l’ostéoporose. En revanche, ce traitement n’a pas apporté la preuve de son intérêt pour diminuer le risque cardiovasculaire.

Les autres médicaments de la ménopause

Un traitement non hormonal (béta-alanine) peut être proposé pour atténuer les bouffées de chaleur. Parlez-en à votre médecin.

Des hydratants ou lubrifiants vaginaux améliorent le confort sexuel en cas de sécheresse vaginale. Un traitement hormonal (estrogènes), à appliquer localement deux fois par semaine, diminue la sécheresse vaginale et vulvaire et lutte contre les cystites, envies pressantes d’uriner, vaginites.